Cette planche de Thomas Rowlandson, conservée au Yale Center for British Art et datée de 1820, appartient au cycle du Docteur Syntax. Ce personnage de maître d'école pauvre parcourt l'Angleterre sur sa jument Grizzle à la recherche du pittoresque. La série, publiée avec des vers de William Combe, fut l'un des plus grands succès éditoriaux anglais du début du XIXe siècle.
Un héros comique et sa jument
Syntax est maigre, myope, mal habillé, et voyage sur une jument efflanquée nommée Grizzle. Le couple forme une parodie de chevalier errant.
Grizzle n'est pas un décor : elle a un caractère, refuse d'avancer, chute, s'emballe. Une bonne partie du comique du cycle repose sur cette monture indocile qui contredit les ambitions de son cavalier.
Une satire du goût pittoresque
À l'époque, les guides de William Gilpin invitaient les Anglais aisés à parcourir leur pays pour y contempler des paysages composés comme des tableaux.
Syntax applique cette mode à la lettre, cherchant partout des ruines et des points de vue, et se ridiculisant. La série moque une pratique touristique naissante, celle qui fera plus tard la fortune des stations et des sites classés.
Un succès de librairie
Le premier volume paraît en 1812 sous le titre The Tour of Doctor Syntax in Search of the Picturesque, suivi de deux autres jusqu'en 1821.
Le procédé était inhabituel : Rowlandson dessinait d'abord, Combe écrivait les vers ensuite. Le public s'arracha les livraisons, et le personnage donna son nom à des objets, des figurines et même des enseignes d'auberge.




