Cette fresque du Palazzo Pubblico de Sienne, datée de 1328 et longtemps attribuée à Simone Martini, montre le capitaine Guidoriccio da Fogliano chevauchant seul devant les places fortes de Montemassi et Sassoforte. L'homme et le cheval portent la même housse d'apparat à losanges noirs et or. L'œuvre est l'une des images de cavalier les plus reproduites du Moyen Âge italien.
Un cavalier seul dans un paysage vide
La composition frappe par son dépouillement. Aucun soldat n'accompagne le capitaine, aucun combat n'est figuré. Le cavalier avance de profil sur une bande de terre ocre, entre deux forteresses et un campement de tentes.
Ce vide donne à l'image sa force d'emblème. Il ne s'agit pas de raconter un siège mais d'affirmer une possession : ces terres sont désormais siennoises.
Le cheval habillé comme son cavalier
La housse qui couvre le cheval reprend exactement le motif du surcot de l'homme, losanges noirs et jaunes sur fond clair. Cette identité visuelle entre monture et cavalier est une pratique héraldique du XIVe siècle.
Le cheval n'est pas un animal individualisé, il est le support des armes de son maître. On ne voit de lui que la tête, les membres et la silhouette générale, tout le reste étant tissu.
Une attribution contestée
Depuis les années 1970, l'attribution à Simone Martini et la date de 1328 sont discutées. La découverte, sous la fresque, d'une autre peinture représentant deux personnages devant un château a relancé le débat.
Certains historiens y voient une œuvre plus tardive, d'autres maintiennent l'attribution traditionnelle. Le désaccord n'a pas entamé la notoriété de l'image, reproduite dans tous les manuels d'histoire médiévale italienne.




