Ces rouleaux peints attribués à Tosa Mitsunobu racontent la fondation d'un temple japonais. Ils appartiennent au genre de l'emaki, le rouleau narratif illustré, et à l'école Tosa, qui fournissait la cour impériale en peintres officiels. Chevaux et cavaliers y figurent dans les scènes de cortège, forme sous laquelle l'animal apparaît le plus souvent dans la peinture japonaise ancienne.
L'emaki, une peinture qui se déroule
Le rouleau horizontal se lit en le déroulant de droite à gauche, par sections de la largeur des bras. Le spectateur n'a jamais l'œuvre entière sous les yeux.
Cette contrainte oriente toute la composition : les scènes s'enchaînent sans cadre, le paysage sert de liaison, et le temps du récit se confond avec le geste de dérouler. Les cortèges à cheval s'y prêtent particulièrement bien, puisqu'ils avancent naturellement dans le sens de la lecture.
L'école Tosa
Les Tosa formaient une lignée de peintres de cour, dépositaires du style yamato-e, proprement japonais, par opposition aux manières inspirées de la Chine.
Tosa Mitsunobu, actif à la fin du XVe siècle et au début du XVIe, en fut la figure dominante. Il dirigea le bureau de peinture impérial et fixa pour longtemps les conventions du genre : couleurs vives, contours nets, points de vue plongeants sur des intérieurs sans toit.
Le cheval au Japon
Les races japonaises indigènes sont de petit format, autour de 130 centimètres au garrot, très éloignées des chevaux continentaux. Le Kiso et le Misaki en descendent.
Le cheval y a d'abord un statut rituel avant d'être un outil. Les sanctuaires shinto entretenaient un cheval sacré, le shinme, offert par les fidèles. L'usage étant coûteux, on le remplaça par une image de cheval peinte sur une tablette de bois. Cette substitution est à l'origine des ema, ces plaquettes votives que l'on accroche encore aujourd'hui dans les sanctuaires japonais.




