Pieter Brueghel l'Ancien peint en 1565 cette scène de juin ou juillet, aujourd'hui conservée dans les collections Lobkowicz à Prague. Elle appartient au cycle des saisons commandé par le marchand anversois Niclaes Jongelinck. Des faneuses descendent un chemin, des charrettes attelées emportent le foin, et le paysage s'ouvre sur une vallée. Le travail agricole y est montré sans idéalisation ni misérabilisme.
Un cycle des saisons, pas un tableau isolé
Brueghel a peint six panneaux pour la maison de campagne de Jongelinck, chacun couvrant deux mois environ. Cinq ont survécu, dont les Chasseurs dans la neige et les Moissonneurs.
La Fenaison couvre la fin du printemps et le début de l'été. La série suit le rythme des travaux plutôt que le calendrier liturgique, ce qui la distingue des cycles médiévaux comme les Très Riches Heures.
Le cheval et le foin
Les charrettes chargées de foin apparaissent à mi-distance, tirées par des chevaux dans un chemin creux. Le foin est la récolte qui conditionne tout l'hiver : sans lui, ni bétail ni chevaux ne passent la mauvaise saison.
Brueghel accorde à ce transport une place discrète mais centrale. La chaîne complète est visible dans la même image : couper, râteler, charger, emporter.
Le paysage comme sujet
Ce qui frappe est l'échelle du paysage par rapport aux personnages. Les hommes et les bêtes occupent une bande étroite au premier plan, tandis que la vallée s'étend jusqu'à l'horizon.
Brueghel inverse la hiérarchie habituelle de la peinture flamande, où le paysage servait de fond à une scène religieuse. Ici le travail des champs et la terre elle-même deviennent le sujet, sans épisode sacré pour le justifier.




