Ce portrait équestre de Marguerite d'Autriche, épouse de Philippe III et grand-mère de l'infante Marie-Thérèse, est conservé au musée du Prado et daté vers 1634. La reine, morte en 1611, est représentée sur un cheval blanc dans un paysage de montagne. L'œuvre appartient à la série de portraits équestres royaux réunis dans le Salón de Reinos du palais du Buen Retiro à Madrid.
Un portrait posthume
Marguerite d'Autriche est morte en 1611, plus de vingt ans avant l'exécution du tableau. Le peintre travaille donc d'après des portraits antérieurs, sans modèle vivant.
Cette contrainte explique le traitement du visage, plus conventionnel que dans les portraits pris sur le vif. Le cheval et le paysage, eux, sont peints librement.
Le cheval blanc comme attribut royal
La monture blanche revient dans plusieurs portraits équestres de la série. Le choix n'est pas anecdotique : le cheval clair, plus rare et plus visible, était associé à la souveraineté depuis l'Antiquité.
Les écuries royales espagnoles élevaient des chevaux de pure race espagnole, sélectionnés pour l'encolure haute, la robe grise et les allures relevées, morphologie qui correspond exactement à celle des chevaux peints par Vélasquez.
La série du Salón de Reinos
Le palais du Buen Retiro, achevé en 1635, réunissait dans sa grande salle les portraits équestres de la famille régnante et les grandes victoires espagnoles, dont la Reddition de Breda.
L'ensemble constituait une démonstration politique adressée aux visiteurs de la cour. Le Prado en conserve aujourd'hui l'essentiel, ce qui permet de reconstituer la logique d'accrochage d'origine.




