Cette œuvre d'Akseli Gallen-Kallela, conservée au musée national de Finlande et datée de 1928, illustre un épisode du Kalevala, l'épopée nationale finlandaise. Le héros doit labourer un champ rempli de vipères pour obtenir la main d'une jeune fille. Gallen-Kallela a consacré une grande partie de sa carrière à donner une forme visuelle à ce recueil de poèmes oraux compilé au XIXe siècle.
Une épreuve impossible
Dans le Kalevala, la Dame de Pohjola impose au prétendant une série de travaux irréalisables. Labourer un champ infesté de vipères en est un.
Ce motif de l'épreuve appartient au fonds commun des contes européens. Le labour, geste agricole ordinaire, y devient un défi surnaturel, ce qui suppose un attelage et une charrue capables de tenir dans un terrain hostile.
Le Kalevala et l'identité finlandaise
Le recueil est compilé par Elias Lönnrot à partir de chants populaires recueillis en Carélie, publié en 1835 puis en 1849.
Il devient le socle du nationalisme culturel finlandais, à une époque où le pays est un grand-duché sous domination russe. Peintres, musiciens et architectes y puisent un répertoire national. Sibelius en tire plusieurs de ses œuvres majeures.
Le style karélianiste
Gallen-Kallela développe un langage à contours nets, aplats de couleur et stylisation décorative, très éloigné du réalisme académique.
Ce parti pris sert le sujet mythologique : il ne s'agit pas de représenter une scène agricole mais de fixer une image emblématique. Ses fresques du pavillon finlandais à l'Exposition universelle de 1900 ont fait connaître ce style dans toute l'Europe.




