Cette aquarelle de Thomas Rowlandson, conservée au Yale Center for British Art et datée de 1791, montre une diligence emballée, chevaux hors de contrôle et passagers projetés. L'accident de voiture publique était un risque courant du voyage anglais, et un sujet fréquent de caricature. Rowlandson en tire une composition en diagonale où tout part vers l'avant.
Pourquoi les attelages s'emballaient
Un attelage s'emballe quand les chevaux prennent peur et cessent de répondre à la main. Un bruit soudain, un obstacle, une descente mal négociée suffisaient.
Le danger tenait à l'absence de freinage réel. Les diligences n'avaient au mieux qu'un sabot d'enrayage, glissé sous une roue à l'arrêt avant une descente. Une fois lancée, la voiture poussait les chevaux.
Un risque mesuré et accepté
Les accidents de diligence faisaient régulièrement des morts, en particulier parmi les voyageurs de l'impériale, éjectés lors des versements.
Ils étaient rapportés dans la presse avec un luxe de détails. La rapidité vendue par les compagnies avait un prix, et les cochers étaient parfois payés au temps de parcours, ce qui n'encourageait pas la prudence.
Une composition faite pour le mouvement
Rowlandson organise la scène sur une diagonale descendante, chevaux en tête, voiture déséquilibrée, objets et personnages projetés dans le sens de la marche.
Ce parti pris graphique, hérité de la caricature, sert ici la lisibilité : on comprend d'un coup d'œil la direction, la vitesse et l'issue probable. La technique de l'aquarelle rehaussée à la plume, sa signature, accentue le trait.




