Thomas Gainsborough peint vers 1780 ce paysage conservé au Yale Center for British Art. Des cavaliers et une charrette bâchée traversent une campagne anglaise ouverte, sous un ciel chargé. Gainsborough, surtout connu comme portraitiste mondain, considérait le paysage comme sa véritable vocation. Ces scènes de route, peintes pour lui-même, occupent une place à part dans son œuvre.
Le paysage plutôt que le portrait
Gainsborough vivait de la commande de portraits, activité qu'il jugeait alimentaire. Il écrivait vouloir s'installer dans un village pour ne plus peindre que des paysages.
Ces toiles, qu'il vendait peu, sont construites en atelier à partir de croquis et parfois de maquettes en liège, en mousse et en fragments de miroir qu'il assemblait sur une table.
La charrette et les cavaliers
Le motif du convoi sur un chemin revient constamment chez lui : charrette de ferme, cavalier au pas, marcheur avec un chien.
Ces figures ne racontent rien de précis. Elles servent d'échelle et de rythme dans la composition, et rappellent que le paysage anglais du XVIIIe siècle est d'abord un espace parcouru, où la route et le cheval sont les moyens ordinaires du déplacement.
Une facture de plus en plus libre
Dans ses dernières années, la touche de Gainsborough se délie au point que ses contemporains la jugeaient inachevée.
Cette liberté annonce le paysage anglais du siècle suivant, celui de Constable et de Turner. Le Yale Center for British Art, fondé par Paul Mellon, conserve l'une des plus importantes collections d'art britannique hors du Royaume-Uni, particulièrement riche en scènes équestres.




