Cette fresque du Dominiquin, peinte vers 1630 dans l'église Sant'Andrea della Valle à Rome, représente le martyre de saint André. Cavaliers et chevaux occupent une part importante de la scène, comme témoins et exécutants du supplice. Le Dominiquin, élève des Carrache, appartient à cette génération bolonaise qui a dominé la peinture romaine du premier XVIIe siècle.
Une commande romaine majeure
Sant'Andrea della Valle est l'une des grandes églises de la Contre-Réforme romaine. Sa décoration a été confiée au Dominiquin pour le chœur et à Giovanni Lanfranco pour la coupole.
La rivalité entre les deux hommes est restée célèbre. Elle traduit un désaccord de fond entre le classicisme raisonné du premier et l'illusionnisme dynamique du second, deux voies ouvertes à la peinture baroque.
Le cheval dans la peinture de martyre
La présence de cavaliers dans une scène de supplice n'est pas décorative. Elle figure le pouvoir romain, l'autorité qui ordonne et fait exécuter.
Le cheval y sert de marqueur : celui qui est monté commande, celui qui est à pied subit ou obéit. Cette grammaire visuelle traverse toute la peinture religieuse occidentale, de la Passion aux vies de saints.
Un classicisme mesuré
Le Dominiquin construit ses figures avec netteté, dans des poses lisibles, sans les raccourcis violents de ses contemporains.
Cette retenue lui a valu l'admiration des théoriciens du XVIIe et du XVIIIe siècle, notamment de Poussin, avant que le goût du XIXe ne se détourne de lui. Son œuvre romaine reste un jalon obligé pour comprendre le passage de la Renaissance tardive au baroque.



