Cette aquarelle de Thomas Rowlandson, conservée au Yale Center for British Art et datée de 1785, met en scène un voyage en France vu par un Anglais. Attelage, harnachement et conducteurs y sont traités avec l'ironie que les voyageurs britanniques réservaient aux usages continentaux. La feuille appartient au registre du récit de voyage comique, très prisé outre-Manche à cette période.
Le voyage continental avant la Révolution
Dans les années 1780, l'aristocratie et la bourgeoisie britanniques pratiquent le Grand Tour, ce voyage de formation qui menait en France puis en Italie.
Les récits publiés à leur retour comparent systématiquement les routes, les auberges et les attelages avec ceux d'Angleterre, généralement à l'avantage de ces derniers. Rowlandson illustre cette veine.
Deux écoles d'attelage
Les voyageurs anglais raillaient les harnais français, jugés faits de cordes et de pièces rapportées, et les postillons en grandes bottes.
Cette moquerie recouvre une différence réelle de systèmes : la poste française reposait sur un réseau royal de relais aux tarifs réglementés, l'anglaise sur des compagnies privées en concurrence. Deux organisations produisaient deux types de véhicules et d'attelages.
Une ironie réciproque
Les voyageurs français rendaient la pareille, moquant la raideur anglaise et le prix des auberges britanniques.
Ces caricatures croisées constituent une source utile sur les pratiques de voyage de la fin du XVIIIe siècle, à condition de les lire pour ce qu'elles sont : des documents sur les préjugés autant que sur les attelages.




