Cette icône de Théodore Poulakis, conservée au musée byzantin et chrétien d'Athènes et datée de 1671, représente l'ascension du prophète Élie sur un char de feu tiré par des chevaux. L'artiste appartient à l'école ionienne, née après la chute de la Crète vénitienne. Le motif du char céleste est l'un des rares épisodes bibliques où le cheval joue un rôle central.
Le char de feu du Second Livre des Rois
Le texte raconte qu'Élie est enlevé au ciel dans un tourbillon, précédé d'un char de feu et de chevaux de feu, sous les yeux de son disciple Élisée qui reçoit son manteau.
L'épisode est l'un des seuls de la Bible hébraïque où des chevaux apparaissent comme véhicule du divin. Il a donné à l'iconographie chrétienne un motif spectaculaire, repris de Byzance à la Russie.
L'école ionienne
Après la chute de Candie en 1669, les peintres crétois se réfugient dans les îles Ioniennes, alors vénitiennes. Poulakis est l'une des figures majeures de ce transfert.
Leur style mêle la tradition byzantine, avec ses fonds d'or et ses conventions de représentation, et des emprunts à la peinture occidentale : perspective, modelé, gravures flamandes utilisées comme modèles.
Des chevaux hors nature
Les chevaux d'Élie ne sont pas des animaux mais des créatures de feu. Ils sont peints en rouge et or, sans souci de vraisemblance anatomique.
Cette liberté est propre à l'icône, où l'exactitude naturaliste n'est pas un critère. L'image ne cherche pas à montrer ce qui s'est passé, mais à rendre visible un événement qui échappe par nature à la représentation.




