Cette œuvre d'Alfred Jacob Miller, conservée au Walters Art Museum de Baltimore et datée de 1858, représente un trappeur et sa compagne amérindienne à cheval. Miller est le seul artiste à avoir accompagné une expédition de traite dans les Rocheuses, en 1837. Ses croquis pris sur le vif constituent le témoignage visuel le plus direct sur le monde des trappeurs américains.
Le seul peintre du rendez-vous des trappeurs
En 1837, Miller accompagne l'aristocrate écossais William Drummond Stewart lors d'une expédition vers les montagnes Rocheuses.
Il assiste au rendez-vous annuel, cette foire où trappeurs, tribus et compagnies de fourrures échangeaient peaux, marchandises et nouvelles. Cette institution disparaîtra peu après, victime de l'effondrement du marché du castor. Miller en est le seul témoin visuel.
Le cheval dans la traite des fourrures
Tout le système reposait sur le cheval : déplacement des trappeurs, transport des ballots de peaux, mobilité des tribus des Plaines.
Les chevaux venaient de lignées espagnoles diffusées vers le nord depuis le XVIIe siècle. Leur adoption a transformé en profondeur les sociétés des Plaines, en modifiant la chasse au bison, la guerre et la richesse.
Croquis d'abord, tableaux ensuite
Miller a réalisé ses études sur le terrain, à l'aquarelle et au crayon, puis en a tiré des huiles pendant des décennies dans son atelier de Baltimore.
Cette chaîne de production explique les variantes multiples d'un même sujet, et la part d'idéalisation croissante des versions tardives. Les croquis originaux restent la source la plus fiable, et le Walters Art Museum en conserve un ensemble considérable.




