Cette vue de l'Érechthéion par James Stuart montre le temple de l'Acropole d'Athènes tel qu'il se présentait au milieu du XVIIIe siècle, encore encombré de constructions ottomanes. Stuart, surnommé l'Athénien, a relevé les monuments grecs avec Nicholas Revett entre 1751 et 1753. Leur publication a lancé le néoclassicisme architectural en Europe.
Relever Athènes sous domination ottomane
Quand Stuart et Revett arrivent, Athènes est une bourgade de l'Empire ottoman, et l'Acropole une forteresse habitée où le Parthénon sert de mosquée.
Les deux hommes mesurent et dessinent les monuments avec une précision inédite, malgré les difficultés administratives et l'hostilité intermittente des autorités locales. Leurs planches montrent des cavaliers ottomans et des habitants au pied des ruines, ce qui donne à ces relevés une valeur ethnographique inattendue.
Les Antiquities of Athens
Le premier volume paraît à Londres en 1762, les suivants après la mort de Stuart en 1788.
L'ouvrage révèle à l'Europe l'architecture grecque authentique, jusque-là connue surtout par ses copies romaines. Il déclenche le Greek Revival, ce goût pour les colonnes doriques qui va marquer les banques, les musées et les parlements de tout le monde occidental pendant un siècle.
L'Érechthéion et ses cariatides
Le temple, achevé vers 406 avant notre ère, est célèbre pour sa loggia soutenue par six figures féminines, les cariatides.
L'une d'elles a été emportée par Lord Elgin au début du XIXe siècle et se trouve au British Museum. Les cinq autres ont été déposées au musée de l'Acropole et remplacées sur place par des copies, la pollution atmosphérique athénienne ayant gravement attaqué le marbre pentélique.




