Cette œuvre de Carl Schindler, conservée à l'Albertina de Vienne et datée de 1840, représente des hussards en fourrage, c'est-à-dire en quête de nourriture pour les chevaux et la troupe. Schindler, mort à vingt et un ans, s'était spécialisé dans la scène militaire de la période Biedermeier. Le fourrage était une opération quotidienne, vitale et souvent conflictuelle avec les populations.
Nourrir les chevaux, contrainte permanente
Un cheval de cavalerie consomme environ cinq kilos d'avoine et autant de foin par jour. Un régiment de plusieurs centaines de chevaux devait donc trouver plusieurs tonnes de fourrage quotidiennement.
Aucune armée ne pouvait transporter de telles quantités. Le ravitaillement se faisait sur le pays traversé, par réquisition ou par achat, ce qui rendait la cavalerie dépendante des ressources locales et pesait lourdement sur les campagnes.
Une corvée risquée
Les détachements de fourrage s'éloignaient du gros de la troupe, ce qui en faisait des cibles faciles. Beaucoup d'engagements de petite échelle naissaient de ces sorties.
Les hussards, cavalerie légère par excellence, étaient employés à ces missions comme à la reconnaissance et au harcèlement, plutôt qu'à la charge en ligne réservée aux cuirassiers.
Un peintre mort à vingt et un ans
Carl Schindler, surnommé Soldaten-Schindler, s'est consacré presque exclusivement au monde militaire autrichien, saisi dans ses moments ordinaires plutôt qu'héroïques.
Sa mort précoce en 1842 a laissé une œuvre courte mais reconnue, conservée principalement à l'Albertina. Elle offre un contrepoint utile à la peinture de bataille officielle, en montrant l'intendance plutôt que le combat.




